Que devraient faire les adéquistes? C’est la question posée par André Pratte sur le blogue de l’édito de Cyberpresse. Ce dernier incite les adéquistes à joindre leurs forces au PLQ. Personellement, l’idée selon lequel les Québécois plus conservateurs pourraient perdre une véhicule politique au profit de la machine rouge ne fait pas particulièrement mon affaire.
En fait, les adéquistes devraient profiter de ce moment pour repenser leur parti en quelques points.
- Faire le deuil de Mario Dumont
Les adéquistes doivent d’abord faire le deuil de leur chef, mais aussi de celui du culte du chef. Il est impératif pour les militants adéquistes d’apprendre à s’approprier leur parti, et que la parole du chef n’est pas parole d’Évangile. Les militants devront apprendre à contrôler leur parti afin de faire valoir leurs opinions, et apprendre à lutter contre les cliques et les individus qui profitent du manque de vigilence des membres pour s’approprier le parti.
- Établir une structure de parti ouverte aux militants et aux débats
Pour justement avoir à se débarasser des pommes pourries qui se servent de l’ADQ pour faire avancer leur agenda personnel, les miltants adéquistes devront prendre plus de place dans la structure du parti. La constitution du parti n’a jamais prévu les mécanismes d’une course à la chefferie, c’est pas peu dire! Il faudra s’assurer que les exécutifs locaux puissent avoir leur mot et réfléter les idées de chacun. Mieux encore, la constitution du parti pourrait ouvrir la porte à la formation de comités politiques aux horizons diversifiés qui pourraient être consultés sur les idées politiques qui feront le programme électoral du parti.
- Se donner des valeurs concrètes : nationalisme modéré, conservatisme ouvert et réforme de l’État
Pour éviter que le parti parte dans toutes les directions, il importe que de parti avance selon une tangente forte et affirmée. L’ADQ ne doit plus avoir peur des mots : elle peut devenir le parti des droites politiques québécoises. Depuis la Révolution tranquille, les Québécois ont cru leurs élites politiques quand celles-ci leurs ont dit que la famille et l’économie de marché étaient des institutions dépassées. Or, voilà 50 ans qu’a eu lieu cette Révolution tranquille et nous constatons l’échec de la planification étatique dans la vie sociale et économique! L’ADQ doit se donner un discours ouvert à toutes les droites et se faire représentante des différents courants politiques de droite existants. - Se trouver des leaders d’opinion.
Un parti politique ne peut porter seul le poids de transmettre ses idées. Ou sont les juristes, les économistes, les sociologues, les columnistes, les philosophes qui auront envie de donner à un mouvement résolument ouverts aux droites de toute sorte de la matière à penser? Il faut concrétiser un réseau, une alliance par lequel l’ADQ sera le moteur politique de premier plan de tout un réseau d’intérêts politiques et d’idées capables de rejoindre une masse critique de Québécois.
Ça, chers lecteurs, c’est ce que je souhaite pour l’ADQ.






18 janvier 2009 à 21:02
Ouais, peut-être, mais pour l’heure, la droite peine à avoir le moindre droit de parole, au Québec.
Pour preuve, la dernière campagne électorale fédérale. Quand il fut question des coupures de 45 millions$ aux arts, l’été dernier, les gens se sont mis à dire “ben bon pour les artisses, ces gras-durs sont subventionnés à tour de bras”, et ce, jusqu’à ce que le bloc s’en mêle.
À partir de ce moment-là, les gens ont commencé à changer leur fusil d’épaule; on venait de leur faire penser que les arts, c’était l’identité des québécois. En moins de temps qu’il ne le faut pour lancer l’idée d’un référendum, le Québec a voté contre celui que le bloc traitait de dictateur, puisqu’il avait osé détruire l’identité des québécois, en coupant… moins de 2% du budget des arts.
Quelle a été la différence, la touche qui aura renversé la vapeur, auprès de l’opinion publique? La vidéo de Michel Rivard et al, ou le discours enflammé de Gilles Duceppe?
Je crois qu’il faudrait d’abord débusquer des leaders d’opinion charismatiques et respectés, et que ceux-ci commencent à poser les vraies questions, sur la place publique. Des questions comme “Qui va payer?” Pendant ce temps, l’ADQ pourra se choisir un chef qui proviendra peut-être, qui sait, de ce groupe de leaders d’opinion.
20 janvier 2009 à 10:25
@Richard3
je dirais les deux, la vidéo de Michel Rivard a donné une opportunité à Duceppe qui en a profité pour galvaniser les artistes
Dommage que personne n’a pas mis en ligne sur Youtube ou Dailymotion la petite parodie que “Et Dieu créa Laflaque” a fait du message de Michel Rivard quoique il y a une parodie de sa biographie datant de septembre 2007 qui fut posté
http://www.youtube.com/watch?v=r5Kxl24cjPM
En attendant de trouver des leader d’opinions respectés et charistmatique. Il ne reste qu’à espérer que quelqu’un fait une parodie du clip de Rivard un peu dans le style de “Prenez garde aux chiens” qui ont caricaturé le maire Labaume http://www.prenezgardeauxchiens.com/722/fini-le-400e-bonne-annee/ imaginer: “bonjour je suis Michel Rivard, ça fait bizarre que je demande de l’argent au fédéral alors que je suis séparatiste? Et bien, je fais pas autant d’argent que Céline fait que…. et puis je veux aider Gilles Duceppe a recevoir sa pension fédérale et allez *censuré*”
20 janvier 2009 à 11:12
À la limite, je préférerais que l’ADQ se restructure. L’idée avancée par Pratte est dangereuse: en tant que militant libéral, je n’ai aucune envie de voir des adéquistes débarquer et noyauter nos débats en les orientant dangereusement.
Une autre solution pour l’ADQ serait de devenir purement et simplement une aile québécoise du Parti Conservateur, ce qui bouclerait la boucle rompue pendant le règne libéral du début du XXe siècle. Cela donnerait un apport de visibilité au parti et lui permettrait de s’allier à une organisation solide et expérimentée.
21 janvier 2009 à 1:33
Pour le point 1, il sera difficile de faire le deuil de Mario Dumont étant donné tout l’espoir qu’on avait fondé en cet homme. Je crois que le Québec vient d’en perdre un bon mais pas un irremplaçable. Espérons que Mario restera dans le paysage médiatique, c’est quelqu’un de sympathique et de coloré.
Pour ce qui est du point 2, tout à fait d’accord. On a bien ri du PQ et de sa course à la chefferie et ses 7 ou 8 candidat(e)s mais c’est le brassage d’idées qui a permis la remontée du parti.
Souhaitons sincèrement la même chose à l’ADQ.
TM
25 janvier 2009 à 17:15
Faire le deuil de Mario Dumont
C’est tout de même curieux qu’un nombre important de militants, devenus candidats lors de l’élection, aient engagé temps et argent pour supporter un chef dont le style et l’image ne font pas concurrence, dans le public, à la stature de John Charest. Cela, même après les défaites évidentes de 1998 et 2003.
Le prochain chef de l’ADQ doit posséder une image équivalente à son adversaire libéral. Dégager une perception qu’il est de niveau exécutif, apte à diriger un gouvernement. Et non seulement une image de chef de parti, comme Gilles Duceppe et Pauline Marois.
(C’est John Parizella qui a mis en place les éléments qui ont fait passer la popularité de Charest de 19% à 40%.)
Se trouver des leaders d’opinion.
Ce billet décrit la mécanique. C’est bien.
Mais, ça n’apportera pas de gain à l’ADQ à la prochaine élection si les militants n’arrivent pas à réaliser ces deux éléments.
1- Il faut à l’ADQ un média pour transmettre au public ses politiques. Un domaine de la liberté de presse et d’expression, pour contourner la Loi en période électorale. Tout comme le font les journaux de Gesca, dont la presse et ses éditorialistes, chroniqueurs et rédacteurs libéraux, pour le parti libéral. Ainsi rétrécir l’écart de diffusion et de présence dans le public, entre le 16% ADQ à le 42% PLQ.
2- Il faut que la direction de l’ADQ tienne compte de ses adversaires, mais encore plus du public électeur. Étudier et comprendre cette citation et son mécanisme, pour guider ses actions dans la bonne direction.
«Jean-Claude Ravet, de la revue Relations : «Au lendemain des élections, Jean Charest justifiait ainsi le faible taux de participation – le plus bas depuis 1927. Les élections, “c’est une intrusion dans la vie des citoyens!” [...].»
M. Ravet s’indigne:
«Cette phrase n’a pas été lancée en l’air». Selon l’éditorialiste, «elle reflète à coup sûr l’idée qu’il se fait de la politique et de la citoyenneté : les citoyens sont simplement des consommateurs qui, de temps à autre, sont invités à cocher leur bulletin de vote afin de légitimer le gouvernement. La vie publique ne les concerne pas vraiment. Pis encore, elle les dérange. Il faut donc leur vendre un programme qui justifie le dérangement, quitte à faire tout autre chose une fois plébiscité.»(Tiré du blogue d’Antoine Robitaille, billet L’intrus… le 16 janvier 2009)
ch
26 janvier 2009 à 12:13
Deux bons point, en effet. Mais posséder un média est un luxe que peu de paris politiques peuvent s’offrir. Le mieux serait probablement d’avoir les leaders d’opinions assez doué sur le plan communicationnel pour passer le message dans les médias existants. Un médias peut présenter un certain penchant politique et tenter de contrôler un peu son message, mais il ne résiste jamais à une belle gueule qui parle bien, même si ce qu’elle parle est contraire à son opinion, cotes d’écoute oblige!
8 mai 2009 à 19:31
[...] a du mal à rassembler les forces de droite et à se donner un second souffle. Le blogueur Suburbain Lucide résume bien la [...]