Petit jeu pour les nationalistes «ouverts» et «progressistes»

Comme certains nationalistes vont jusqu’à se dire ou à définir leur idéologie comme «ouverte» et «progressiste», même lorsqu’ils demandent plus de répression, de restrictions ou d’interdictions contre d’autres groupes minoritaires dans la société, je les invite à substituer les identités nationales dites abjectes, oppressantes ou «trop présentes» qui reviennent dans leurs citations courantes par les mots «jaune» ou «noir», précédés ou non d’un déterminant article.

Pour les langues, religions et culturelles différentes «trop présentes» ou «trop tolérées» à limiter ou à éradiquer dans notre société, utilisez la couleur au pluriel précédé de la «langue des» ou de la «culture des».

Ainsi, des citations comme celles-ci: « Je constate tous les jours l’attraction de l’anglais chez les étudiants de l’Université de Montréal », a-t-il dit, malheureux.» ou «Non, mais là, ça va faire! Montréal est majoritairement anglaise»

Pourraient ressembler à celles-là: «Je constate tous les jours l’attraction de la langue des Noirs chez les étudiants de l’Université de Montréal », a-t-il dit, malheureux.» ou «Non, mais là, ça va faire! Montréal est majoritairement noir»

En espérant que les nationalistes, peu importe de quelle Nation ils se réclament, se rendent compte qu’ils sont, à leur façon, aussi «ouverts» et «progressistes» que les racistes du Ku Klux Klan.

P.S.: En marge du congrès du Parti Québécois, j’en profite pour saluer Agnès Maltais, lesbienne appartenant à un groupe minoritaire longtemps réprimée par l’État, qui milite activement pour réprimer et restreindre à son tour les droits de d’autres types de groupes minoritaires dans la société par le biais de l’État.

Vous faites preuve d’une grande cohérence, Madame…

16 commentaires au billet “Petit jeu pour les nationalistes «ouverts» et «progressistes»”

  1. Philippe Morin a dit:

    J’ai presque l’impression que ce billet s’adresse à moi…en fait je suis sans doute un des rares blogueurs qui se situe idéologiquement au centre et qui participe activiement à ce blogue. C’est ce qui me fait souvent dire (à la blague) à mon bon ami LBII que la pensée unique ne se trouve pas dans les médias québécois “gauchisants”, mais ici.

    À la différence de la plupart des intervenants ici, mon échelle des valeurs comporte en haut de la liste les droits collectifs selon certaines dispositions. Je suis aussi un farouche défenseur des libertés individuelles (vous pouvez lire mes commentaires précédents ou mes billets sur mon blogue). Je réclame donc que l’État québécois a le devoir de protéger la minorité francophone en Amérique du Nord dans le respect des libertés individuelles et des choix individuels. Position irréconcialble direz-vous ! Effectivement. Les droits individuels s’entrechocs continuellement avec les contraintes étatiques. Votre sainte divinité Bush l’a clairement démontré avec Guantanamo…pour des raisons de sécurité d’État. Mais dans ce cas c’est à droite alors c’est moins grave.

    L’État québécois est le seul instrument qui peut, à long terme protéger la langue française, fragile en cette terre anglo-saxonne. Vous me direz que ce l’État n’a pas à imposer la langue de la majorité à une minorité. Je vous dirai que dans le cours actuel des choses, tout individu qui souhaite vivre dans la langue de son choix peut le faire. La langue française est encouragée par l’État. Je suis personnellement contre la loi 101 dans les Cégeps. Par contre, cette loi 101 a permis une étonnante diffusion de la langue française à Montréal qui est de plus en plus bilingue.

    Quand à votre comparaison avec la couleur de la peau elle est démagogique et assez enfantine. La couleur de la peau ne peut être associée avec une culture particulière. Elle ne s’enseigne pas et ne permet aucune distinction entre les individus si ce n’est que visuelle. Un italien blanc et un allemand blanc ne se comprenne pas parce qu’ils parlent une langue différente. Pourtant, on ne peut physiquement les différencier à priori. Il n’existe aucune association entre langue et couleur de peau. Il existe des associations géographiques entre langue et population. Heureux de vous l’apprendre.

    Votre billet porte aussi un biais majeur en généralisant les indépendantistes comme je suis comme des intolérants et des gens fermés d’esprit. C’est faux. Vous mélangez le discours montréalais francophone des années 1970 où on entendait souvent “les anglais” avec ce que nous parlont aujourd’hui comme étant l’attrait puissant que représente la “langue anglaise”. Vous associez ethnicité et expression linguistique. C’est extrêmement réducteur.

    Lorsque j’écris sur mon blogue ou bien dans les commentaires que je publie ici ou ailleurs, j’évite de généraliser un groupe d’individus porteurs d’idées différentes des miennes. J’évite de leur attribuer des intentions dont je ne suis pas certain. Connaître personnellement LBII m’a aussi permis d’apprivoiser davantage les idées de la droite québécoise et d’en apprécier plusieurs. M’identifiant comme indépendantiste, j’aime confronter mes idées et en débattre, c’est d’ailleurs pourquoi je navigue dans la blogosphère généralement de droite et fédéraliste ou autonomiste. Je déteste me rouler dans la bouette réconfortante du concensus idéologique. Je vous invite à faire de même. Je vous invite aussi à éviter les généralités à l’endroit des indépendantistes. J’accepte que vous critiquiez les idées que je défends comme l’intervention de l’État dans le choix d’enseignement de la langue.

    Le taux de suicide chez les gais et lesbiennes est 2 fois plus élevé quand dans le reste de la société. Ils sont encore victimes de discrimination. Je ne connais pas de cas relaté de suicide parce que la personne n’en pouvait plus de se faire traiter “d’anglophone”…

    Cordialement,

    Philippe Morin

  2. Matt a dit:

    «Je réclame donc que l’État québécois a le devoir de protéger la minorité francophone en Amérique du Nord dans le respect des libertés individuelles et des choix individuels.»

    Pourquoi faudrait-il des lois pour protéger ou imposer une religion, une couleur de peau, une culture ou une langue?
    Laquelle des options est mieux qu’une autre dans le lot?

    Le propre d’une société n’est-elle pas de changer constamment?
    De se mélanger, d’évoluer?

    «Votre sainte divinité Bush l’a clairement démontré avec Guantanamo…pour des raisons de sécurité d’État. Mais dans ce cas c’est à droite alors c’est moins grave.»

    Comme Jean-François Lisée ou François Saillant, vous l’aurez deviné, je suis un partisan de George W. Bush comme de nombreux libertariens minarchistes.

    D’où la raison pour laquelle un certain Martin Matte s’est permis de faire un article «Étatistes de gauche = étatistes de droite» pour dénoncer les grandes similitudes et les mêmes réflexes entre étatistes.
    http://www.leblogueduql.org/2008/09/tatistes-de-gau.html

    Si une loi imposant une valeur nationale est pour vous positive, est-ce que la révocation de l’Édit de Nantes fut positive en France?
    Que cachent de telles lois positives hier comme aujourd’hui, même si on n’interdit pas le droit parler une langue différente à la maison, sinon que des milliers d’anglophones et d’anglophiles quittent le Québec?

    Il est simple d’être révolté contre ce qui semble inné, contre-nature.
    Mais vos valeurs sont acquises, vos opinions le sont aussi.

    Si vous étiez né dans l’un des groupes minoritaires au Québec ou l’étranger ici ou dans un autre pays, peut-être auriez-vous une autre opinion de ce qu’on présente comme «positif» auprès des jeunes du secondaire à l’école québécoise.

    Peut-être trouveriez-vous que le combat d’une majorité nationale dans une province pour s’imposer chez elle ressemble tout au plus à ce que reprochait cette minorité à la majorité dans l’espace national.

    S’imposer sur nos minorités après avoir dénoncé les restrictions que l’autre majorité nous imposait. N’est-ce pas un peu ridicule?

    C’est cela que je reproche aussi à Agnès Maltais.
    Quand on comprend ce que c’est d’être la minorité avec moins de droits, constamment dénoncée comme étant encore trop présente, pourquoi, une fois dans la majorité, on peut se permettre de restreindre l’espace ou les droits des minorités restantes?

  3. Ombudsman a dit:

    J’ai toujours vu une langue comme un outil de communication plutôt que comme une entité vivante en voie d’extinction. Je crois que c’est là la différence fondamentale entre nos visions.

    Se faire favoriser ou défavoriser par un gouvernement sur la base de la langue n’est pas différent à mes yeux qu’un biais sur la couleur de peau, de yeux, de cheveux, de sexe, d’orientation, de conviction politique, de culte, ou de toute autre caractéristique qui n’affecte pas notre qualité d’être humain.

  4. Marco Bélanger a dit:

    Méchante aquisition que vous venez de faire là en engageant ce Math (ou Matt?) dans votre équipe! En matière de sophisme, vous avez là un fameux passeur dans votre club! Ce n’est toutefois pas cette année que vous allez faire les playoff! Si d’un simple constat ( dont je ne pourrais me porter garant de sa véracité d’ailleurs) votre homme en arrive à échafauder des prémisses racistes, il va compter dans ses propres filets, ça c’est sûr!

    D’où probablement cette grande lassitude que vous ressentez et que vous ressentirez encore longtemps. :-)

    A vous de ne pas vous définir par le biais de votre couleur de peau, sexe, religion, orientation sexuelle, langue au autre. Ça fera de vous un pur esprit!

  5. Matt a dit:

    «Méchante aquisition que vous venez de faire là en engageant ce Math (ou Matt?) dans votre équipe! En matière de sophisme, vous avez là un fameux passeur dans votre club!»

    J’aime bien brasser la cage de ceux qui affirment qu’il est naturellement d’être sexiste, raciste, nationaliste, etc.

    Pourtant, tous ne sont pas sexistes, racistes ou nationalistes. C’est une question d’acquis, un formatage de votre société.

    J’aime bien des collègues espagnols qui disent que, parce qu’ils sont la majorité en Espagne, parler l’espagnol comme langue première devrait être une obligation. Puis, il y a les Basques et les Catalans qui crient à l’injustice mais qui veulent aussi forcer les gens sur leur territoire à parler la langue de la majorité comme langue première. Puis, il y a des nations dans la nation dans la nation qui veulent aussi imposer leurs langues aux minorités dans leurs régions… et ainsi de suite.
    Et chaque “Nation” essaie d’imposer aux autres et aussi de s’imposer à des individus qui aimeraient avoir seuls le choix de leur langue de travail, de vie ou d’éducation.

    Le plus terrible, c’est ensuite de croire, comme on leur a fait croire, que c’est ça être pour le progrès ou être ouvert.

    «A vous de ne pas vous définir par le biais de votre couleur de peau, sexe, religion, orientation sexuelle, langue au autre. Ça fera de vous un pur esprit!»

    Hé bien, je parle français de naissance, je suis donc francophone, mais je parle aussi trois autres langues et je ne crois pas qu’aucune d’elles méritent un statut privilégié et les autres, un statut inférieur. Peu importe où je suis.

    Je devrais même avoir le droit d’afficher dans la langue que je veux ou, dans mes affaires ou dans mes études, d’utiliser la langue que je désire, sans qu’une police de la langue puisse me dire qu’il faut que je change mes versions de Windows ou mes claviers d’ordinateurs car non-Franco-Québécois friendly.

    Je suis un homme mais je ne crois pas qu’il soit mieux de vouloir des lois pour privilégier l’homme contre la femme, mise dans un statut inférieur. Ni l’inverse, une femme doit avoir les mêmes droits qu’un homme.

    Pas plus, pas moins. Juste l’égalité en droits.

    C’est ça la vraie justice et la liberté.

    Non? C’est au plus fort et au plus nombreux d’écraser ou de restreindre les droits d’autrui?

  6. LBII a dit:

    @Marco Bélanger

    En quoi l’argument de mon collègue est-il un sophisme? La comparaison est peu flatteuse, mais nous devons reconnaître une chose : affirmer la supériorité d’une langue sur une autre au détriment de la liberté des gens de choisir cette langue est un acte fondamentalement liberticide, ce fait est difficilement contestable.

  7. Francois a dit:

    La langue n’est pas la culture.

    La langue parlé n’est principalement que le moyen de communication d’une société. Ce n’est qu’une valeur parmi d’autres.

    Ce qui défini une culture ne peut être que la langue parlé.
    D’ailleurs, si nous comparons l’Angleterre et les Etats-Unis: deux cultures distinctes, une seule langue.
    La culture d’un peuple est un ensemble de valeurs pratiquement indéfinissable, partagé par une assez grande majorité de gens. Cette culture est toujours en évolution et est bien plus grande qu’uniquement la langue.

    La langue est ce qui est visible rapidement. C’est une façon de simplifier ( ou généraliser ) une culture de la même façon que le fait le racisme: il est noir donc il a telle valeur. Nous sommes francophones donc nous avons telle valeur.
    C’est la façon lâche de discriminer l’autrui: sur un «attribut» qui est facile à voir et n’a aucun rapport avec les valeurs qui définissent celui-ci.

    Est-ce que le fait de parler anglais est en négation totale avec la définition de ce qu’est un citoyen Québécois ?

    Si le Québec accepte réellement cela, alors, une des valeurs caractéristique du Québec est le tribalisme: c’est à dire l’appartenance à un groupe ( la tribu ) selon un critère non-objectif, un critère qui n’est aucunement une valeur réelle.
    De la même façon que les gang de rue se détestent parce que le foulard n’est pas de la bonne couleur. Ou que la peau n’est pas de la bonne couleur…

    Cette intolérance pour la langue d’autrui trahis un manque de valeurs des Québécois. A force de se le faire dire, vous en êtes venus à croire que tout ce que vous êtes est d’être Français….

    Sorry, I’m not that small…

  8. Philippe Morin a dit:

    @ Matt

    “Pourquoi faudrait-il des lois pour protéger ou imposer une religion, une couleur de peau, une culture ou une langue?”

    Parce qu’une majorité de Québécois le souhaite. Et svp cessez de me sortir des exemples européens. Ils ne vivent pas entouré de plus grand moteur culturel de la planète et les pays ou nations qui les entourent ne sont pas unilingues anglophones.

    Autre point que plusieurs confondent : anglais, anglophones et langue anglaise. Comment avoir un débat éclairé si la plupart des intervenants ici les confondent dans leur argumentaire afin de ridiculiser les positions adverses.
    Anglais : citoyen d’Angleterre ou de l’une de ses principautés se réclamant comme tel. L’Anglais n’est visé nul part chez les nationalistes.

    Anglophone : Individu, utilisant la langue anglaise comme principale moyen de communication. À quel endroit les anglophones sont-ils restreints par l’État dans leur droit d’utiliser cette langue ? Dans l’affichage vous me direz. Peut-être mais ils peuvent tout de même afficher en anglais bien que le français ait prédominance. Il y a 9 autres provinces et 50 États, tout près pour pouvoir afficher en anglais et uniquement. Il n’y a donc pas d’endroit en cette terre d’Amérique où une nation puisse être originale ? Il faut que tous parlent la même langue ? Mange la même affaire ? Regarde les mêmes cochonneries ? Les forces du marché sont trop fortes pour la langue française à long terme et la spécificité de cette province ne peeut être préservé que par l’État.

    Langue anglaise : langue provenant initialement de l’Angleterre et aujourd’hui principale langue de communication internationale.

    Donc cessez d’affublez les nationalistes des propos comme “les anglais son ci, les anglais sont ça”.

    Ensuite, en libertariens que vous êtes, vous ne devriez pas baser votre argumentaire sur les frontières étatiques. Pourtant il n’y a qu’un pas que vous franchissez allègrement et comme l’a mentionné un intervenant précédent à la manière d’un sophiste…sans contenu malheureusement. Vous utilisez le viel argument qui selon lequel le Québec applique un médecine plus difficile à sa principale minorité tout en étant lui-même une minorité dans un pays anglophone. Vous utilisez un dansgereux corrollaire avec l’Espagne en omettant volontairement de mentionner que le Québec est composé de près de 7 milions de francophones…dans une Amérique du Nord (exception du Mexique) qui compte près de 330 milions d’anglophones. Légère différence avec la Catalogne vous en conviendrai.

    À partir de là, c’est selon vos valeurs et c’est discutable selon votre échelle de valeurs.

    en terminant, ceux qui connaissent les logiciels de géomatiques (LBII, Lotus et moi-même) savent qu’il est possible de géoréférencer dans un espace donné la langue parlé à la maison, la langue maternelle ou bien la langue de travail. Vous ne pouvez pas géoréférencer sur une carte la couleur de la peau des gens. Vous pouvez relever leur origine étatique, mais pas leur couleur. Alors changez de registre si vous voulez faire des comparaisons moins boiteuse que celle-ci.

    La révocation de l’Édit de Nantes à entraîné des miliers de morts…votre comparaison est encore une fois ridicule. La loi 101 n’a aucune homicide à son actif. Le sophisme est bien dans une soirée branchée avec des amis intellos qui s’abreuvent de nos paroles, sur un blogue où il compare des lois ayant 500 ans de différence c’est une tout autre chose.

    Cordialement,

    Philippe Morin

  9. LBII a dit:

    @Philippe Morin

    Statistiques Canada recense bel et bien les gens en fonction de leur couleur de peau… va voir dans E-Stat, tu vas voir c’est là!

    En passant, tu joues sur une échelle de valeurs, tout simplement! Tu prends pour acquis que le risque de disparaîtion du français en Amérique du Nord est un absolu à combattre pour des raisons culturelles alors que nous considérons que le Français n’est d’abord qu’un simple instrument de communication qui peut être choisi selon des impératifs reposant sur le libre-choix des individus en fonction des avantages que ça apporte versus les inconvéniants. C’est juste l’éternel combat collectif contre individuel et ça, je pense qu’il ne sera pas résolu avant encore beaucoup de temps!

  10. Philippe Morin a dit:

    @ LBII

    Je l’ai vu sur E-Stat mais pouvons-nous lui attribuer un intérêt géographique quelconque ? La réponse est non. En aménagement, considérer la langue parlé à la maison, au travail ou bien la langue maternelle constituent des caractéristiques essentielles à la prise de décision territoriale.

    Et tu as bien raison pour la suite, cet éternel combat repose sur des valeurs bien différentes selon de quel côté se trouve le protagoniste.

    ” Tu prends pour acquis que le risque de disparaîtion du français en Amérique du Nord est un absolu à combattre pour des raisons culturelles ”

    Spécifions. Je prends pour acquis que la disparition du français en Amérique du Nord serait dramatique pour la diversité culturelle. Les individus font des choix qui sont apparamment sans conséquences majeures à court terme pour un ensemble plus large. Par exemple, passer du français à l’anglais d’une génération à l’autre. Toutefois, à long terme c,est bel et bien là un symptôme de la disparition d’une langue. Il faut avoir passer près de 12 mois au Nouveau-Brunswick dans les 3 dernières années de ma vie pour constater que le français est réellement menacé en Amérique.

    Selon mon échelle de valeurs qui est bien différente de la plupart des panlistes ici, l’État peut seul avoir la vision d’ensemble à long terme de l’évolution de la langue parlée par la majorité dans la province de Québec.

  11. LBII a dit:

    L’origine ethnique, pas essentielle? Les phénomène sous-jacents à la présence d’une population appartenant à une minorité visibles sont assez nombreux pour être considérés AUSSI importants que les phénomènes sous-jacents à la présence d’une langue, allons donc! Soyons directs : ça signifie la présence de cultures différentes ce qui a une incidence sur les décisions d’aménagement, tu le sais tout aussi bien que moi!

    La diversité culturelle? Philippe! Le monde est-il un pire endroit où vivre parce que des cultures sont disparues par le passé? C’est le problème avec la langue comme variable de la culture : les gens s’imaginent que la perte d’une langue est un drame! Pourtant, des individus qui choisissent d’abandonner l’usage d’une langue au profit d’une autre le font car ils y voient plus d’avantages : le ferait-ils si c’était pour perdre quelque chose? Non!

  12. Philippe Morin a dit:

    @ LBII

    Wow !!! Si ça continue ce billet détiendra le record de commentaires. Comme quoi la langue est encore un sujet sensible.

    Les avantages de parler français présentement au Québec le sont seulement grâçe à l’intervention de l’État. Éventuellement, dans un avenir pas si lointain que ça, les choix individuels se tourneront naturellement vers l’anglais puisque c’est la langue qui facilite les échanges internationaux.

    Quand une langue disparaît, c’est la mémoire de miliers d’individus qui disparaît. Pour beaucoup de libertariens ce n’est pas important. Pour d’autres comme moi ça l’est, mais encore là c’est une question de valeur. Pour moi et beaucoup d’autres Québécois la perte d’une langue est un drame. Nous avons effectivement peur de perdre quelque chose, de laisser tomber une culture (langue parlée, chantée, exprimée, écrite) dont plusieurs se sont battus précédemment pour la conserver…

    Enfin…je me demande à quel endroit tu as vu lors de ta formation en aménagement que la couleur de la peau d’individus dans un territoire donné devait être considérée comme un facteur décisionnel ? Pourtant on a suivi la même formation et je t’annonce qu’en ATDR on n’en fait pas mention…

  13. LBII a dit:

    Philippe, c’est la logique même il me semble! Ne serait-ce que pour l’organisation des services communautaires et des besoins locaux en commerces et en services aux clientèles multiethniques! Il me semble que c’est évident, tu as travaillé sur Saint-Michel autant que moi! Si je sais qu’il existe plus de minorités dans un quartier, je vais prévoir que ces gens voudront peut-être avoir des boutiques et des institutions rassembleuses et prévoir les espaces en conséquence!

    Bien sûr, tu peux aussi passer par les taux d’immigration ou bien par l’origine ethnique, ça donne aussi de précieuses indications.

  14. Philippe Morin a dit:

    Oui, tous ces indicateurs…mais pas la couleur de la peau. Je persiste et signe.

  15. Tym Machine a dit:

    “En marge du congrès du Parti Québécois, j’en profite pour saluer Agnès Maltais, lesbienne appartenant à un groupe minoritaire longtemps réprimée par l’État, qui milite activement pour réprimer et restreindre à son tour les droits de d’autres types de groupes minoritaires dans la société par le biais de l’État.”

    C’était la même chose pour André Boisclair soit dit en passant.

    Et je pense pas mal la même chose que votre édito. Mais on a tellement été brainwashé à se faire dire que le français est en péril qu’on en vient à prendre cela comme une vérité implacable ou un dogme divin.

    Le combat pour les minorités est quelque chose qui implique toujours les gens. Espérons que la raison aura raison des émotions.

  16. matvail2002 a dit:

    Évidemment, il est clair de constater que la langue est SEULEMENT une partie de notre culture que l’on vit en tant qu’individu. Je vois aussi un élément que me saute aux yeux, c’est que la langue est devenu le seul rempart pour définir une certaine culture qui a été sclérosée de plusieurs éléments tant au niveau religieux, social ou culturel au cours des 40 dernières années. Or, lorsque c’est rendu qu’on utilise l’excuse de langue pour pouvoir se devenir de façon ethnique, c’est que la culture en question est carrément pauvre faute à trouver d’autres arguments.

    Cependant, je vois visiblement un hic dans le problème que la langue devient un élément étatique et cela particulièrement dans un cadre que le Québec a les lois linguistiques étatiques les plus sévères au monde.

    @Tym Machine:

    Le PQ utilise uniquement la langue pour un élément strictement politique pour gagner des votes. La question est de dire que même dans un état que nos élites nationalistes considèrent si homogène, en fait plus de la moitié de son territoire est peuplée par des gens parlant une langue autre que le français et ayant une culture très différente de celles des Québécois francophones pure laine.

    À part peut-être les deux Corée, aucun état dans le monde n’est strictement homogène. Il est ainsi ironique que la liberté des uns s’arrête où celle dans des autres commence. Prenez l’exemple des Autochtones qui sont en fait des nations différentes dans une nation.

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