Sabia a tord 169 fois sur 170

Selon moi, nous ne sommes pas obligés de faire un choix entre la recherche de rendement pour les déposants et la contribution au développement économique du Québec. Les deux vont ensemble.

- Michael Sabia, selon Radio-Canada

PIB du Québec 2005: 255 559 000 000 CAN$

PIB mondial 2005: 43 070 000 000 000 US$

À chaque décision d’investissement, il y a en moyenne une chance sur 170 que le choix optimal se trouve au Québec. Chaque décision non-optimal devient ainsi une taxe sur le rendement potentiel des investisseurs. Quand on se limite qu’au Québec, nous taxons les investisseurs 169 fois sur 170. Ainsi, quand Sabia prétend qu’un investissement limité au Québec n’est pas en contradiction avec la recherche du meilleur rendement des investisseurs, cela relève beaucoup plus du marketing nationaliste que de la réalité.

7 commentaires au billet “Sabia a tord 169 fois sur 170”

  1. David Lacombe a dit:

    À chaque décision d’investissement, il y a en moyenne une chance sur 170 que le choix optimal se trouve au Québec.

    Votre calcul est beaucoup plus hasardeux que celui de M. Sabia. Bien qu’une pléthore de pays africains, moyen-orientaux et orientaux, de l’ancien bloc de l’est européen incluant la Russie et d’Amérique du sud, contribuent au PIB mondial, vous iriez investir en Roumanie pour espérer obtenir un rendement optimal? Plus récemment et près de nous, Henri-Paul Rousseau n’a pas hésité à placer notre fric dans le marché obligataire des Etats-Unis, avec le résultat que l’on connaît.

    Avec du recul, il faut bien admettre que le rôle de la Caisse de Dépôt et de Placement a été déterminant dans la création du « Québec Inc. » au cours des années ’70 et surtout durant la décennie ’80 à ‘90. Durant cette période, et grâce au soutien de la CDP, on a vu apparaître les groupes Vidéotron (version famille Chagnon), Canam Manac, Québécor, Domptar, Noranda, Lavalin et nombre d’autres entreprises. Malgré certains échecs – je pense ici au groupe Soconav – la Caisse a tout de même triplé ses actifs durant cette période et son action très structurante sur l’économie d’ici.

    Je crois encore que l’intervention de la CDP peut à la fois générer des rendements tout aussi appréciables et plus sécuritaires que si elle investissait en ailleurs dans le monde (pour l’exercice, vous essaierez de liquider une entreprise chinoise ou indienne en difficulté dans le but de récupérer des actifs!) tout en procurant des retombés économiques appréciables pour le Québec. Et ce ne sont certainement pas les projets sûrs et lucratifs qui manquent! Par exemple, créez une « Éole Québec Inc » même avec une participation fortement majoritaire du privé, et vous verrez que la chose est possible : un vrai « blue chip » pour investisseurs!

  2. LBII a dit:

    @David Lacombe

    Comme votre commentaire ne semblait pas dans le bon billet, je l’ai transféré ici

  3. Ombudsman a dit:

    La question à se poser est celle-ci: Si j’étais un conseiller financier étranger (disons brésilien), est-ce que je recommenderais à mes clients d’investir une majorité de son porte-feuille dans des placements québécois?

  4. David Lacombe a dit:

    @Ombusman

    J’aime quand les questions sont posées de manière aussi simple que vous le faites. S’il s’agit de vos économies, libre à vous de les confier à un gestionnaire de fonds brésilien. On espérera que ce ne soit pas une mouture locale de Vincent Lacroix. Et si ce n’était pas le cas, on peut parier qu’à cause de ses connaissances du marché local et d’un peu de chauvinisme de bon aloi, il fera participer votre argent au développement du Brésil. Et si d’aventure le Brésil s’était doté d’une Caisse de Dépôt et de Placement, vous pouvez être certain que le président Lula se servirait de ces fonds pour le développement de son propre pays. Votre courtier a merdé. Hon… Vous avez perdu les 250,000$ que vous lui aviez confiés. Hon… Votre mésaventure ne fera pas la première page des journaux. Après tout vous êtes un grand garçon et probablement un tenant de l’autonomie personnelle et de la responsabilisation individuelle. À vrai dire, vos problèmes, on s’en fout.

    J’aime cependant penser que la CDP se doive d’être redevable aux 5 millions de cotisants obligés de participer au RRQ que nous sommes, de la gestion de ses placements. Et puis, comme on a des idées et des projets et qu’ils ont besoin de financement, on ne va pas attendre qu’un gestionnaire de fonds bésilien vienne financer lesdits projets avec votre fric.

  5. Ombudsman a dit:

    Je parle de projet de financement optimal et vous me dites que la Caisse québécoise trouverait tous les projets optimaux au Québec. Et que l’équivalent de la Caisse dans un pays étranger trouverait les projets optimaux dans leur pays respectifs. À moins qu’on ne s’entend pas sur la définition du mot optimal, ces 2 Caisses hypothétiques ne pourraient avoir raison en même temps.

  6. Andrée Rainville a dit:

    Bien que votre postulat d’établir une décision de placement en fonction du PIB fait dur et soit indéfendable pour établir une stratégie d’investissement, libre à vous d’investir votre propre fric où bon vous semble. Et puis, pourquoi vous limiter à obtenir un rendement optimal? Pourquoi vous pondérez ainsi? Allez-y franchement, (puisqu’il s’agit de votre fric) et tentez d’obtenir le rendement maximal! Les pays de l’ancien bloc soviétique pullulent de maisons de courtage où vous pourrez faire votre bonheur!

    Quant à la décision d’investir au Québec, quitte à obtenir un rendement de quelques dixièmes de points de pourcentage en moins, nous pourrions demander l’avis des cotisants de toutes les entités participantes à la CDP. Vous voulez parier sur les résultats?

    Que vous vous réclamiez un peu, beaucoup de la droite ou de la gauche, un peu de sens commun ne représente pas un déshonneur, vous savez…

  7. Ombudsman a dit:

    Il n’y a pas qu’un aspect de rendement mais aussi un aspect de sécurité et de liquidité des placements. Tout placement s’éloignant du placement optimal dans un système ou tous les travailleurs sont obligé de contribuer constitue une taxe caché du gouvernement, et ce que les participants soient majoritairement pour ou contre cette taxe.

    Et le point de départ était “Est-ce que Sabia à raison de dire que l’optimisation du rendement et l’investissement local n’est pas un choix car les possibilité d’investissement au Québec sont ceux qui donnent le meilleur rendement”.

    Les commentaires que je reçois jusqu’à présent vont dans le sens de “la recherche de rendement est inutile”, ce qui est une question de valeur, plutôt que “les meilleurs possibilités d’investissement sont effectivement au Québec”.

    Que des Québécois comme David et Andrée désirent investir au Québec, je n’ai rien contre, mais cela n’est pas une raison pour forcer tous les Québécois contribuant à la RRQ à adopter, par procuration, ce choix d’investissement.

    D’ailleurs Andrée, nous savons tous deux quel serait le résultat d’un sondage auprès des clients de la Caisse car nous savons, vous et moi, que la Caisse n’a aucun particulier comme client mais bien des organismes et ministères gouvernementaux, contrôlés par des politiciens qui souhaitent leur réélection à tout prix.

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