ADQ : Le vide idéologique

Il y a de ces livres qui sont des bijoux d’analyse. J’aimerais vous partager un extrait du livre Le comportement électoral des Québécois, publié aux Presses de l’Université de Montréal. Ne vous inquiétez pas, c’est rien de biaisé, ce sont des chiffres, des faits calculables, de la vraie science!

Ce ne sera pas très long en fait : ce n’est qu’un graphique qui indique la position politique de personnes sondées aux lendemains de l’élection provinciale de 2007. On leur a posé des questions pour cerner leur tempérament nationaliste et économique et on leur a donné un point sur le graphique selon leur position. Donc, pour chaque personne sondée, on lui demande pour qui elle a voté, on la positionne politiquement par diverses questions et on lui attribue une place (un point) dans le graphique en fonction de ses réponses : voici ce que ça donne pour le Parti libéral, le Parti québécois, Québec Solidaire et le Parti vert.

Comme vous pouvez voir, l’électorat est assez bien polarisé : les libéraux sont des fédéralistes, les péquistes sont indépendantistes et les gens de Québec Solidaire se positionnent à gauche du graphique : tout est dans l’ordre des choses! Vraiment tout? Attendez de voir le graphique adéquiste…

Ça mes amis, c’est tout le problème de l’ADQ : c’était d’abord et avant tout un mouvement sans idéologie aucune. Vous ais-je raconté la fois où pendant un congrès en 2007, un membre du parti a tenté de me convaincre des vertus de l’agriculture locale en serre subventionnée ? M’enfin, le problème, il est là! En 2007, la seule idéologie de l’ADQ, c’était un populisme crasse! À la lumière de ça, comment voulez-vous gouverner un tel parti?Alors que les autres partis ont des clientèles précises, les hautes sphères de l’ADQ se sont imaginés qu’ils pouvaient durablement « scorer » partout. On voit ce que ça a donné…

SOURCE : Bélanger, Éric et R. Nadeau. Le Comportement électoral des Québécois. Presses de l’Université de Montréal. 2009. 173 p.

5 commentaires au billet “ADQ : Le vide idéologique”

  1. Pierre Desroches a dit:

    Ma foi, il sont tout partout ces adéquistes! Mais quel devrait l’idéologie de l’ADQ 2.0? Autonomiste et partisan du laisser-faire économique, il va de soit. Alors, ce graphique les représenterait au centre de la coordonnée Y et complètement à droite du tableau. C’est bien ça?

    Comme vous ne nous avez pas donné d’indication sur la signification du nombre de points, et au regard des graphiques de QS et des Verts comparativement à ceux des Libéraux et des Péquistes, on peut raisonnablement penser que la grille adéquiste ne comprendra quelques grenailles dans le tableau et quelques autres hors du tableau :-)

  2. LBII a dit:

    @Pierre Desroches

    Je vais répondre à vos questions : 1 point = 1 personne sondée le lendemain des élections de 2007. Comme il y a moins de partisans de Québec solidaire et du Parti vert, il ont moins de points! Si on faisait le sondage aujourd’hui, je ne sais pas où seraient la plupart des points adéquiste, mais ma seule certitude, c’est qu’il y en aurait pas mal moins!

    Cela dit, vous avez très bien compris la logique du graphique : un parti autonomiste et pro-libre marché aurait ses points au milieu sur l’axe vertical (Y) et vers la droite sur l’axe horizontal (x).

  3. Gérard Gladu a dit:

    Je croyais qu’être au sommet de la juxtaposition de deux courbes cloche devait être un idéal à atteindre en matière de consensus et d’approbation. Faut croire qu’il faut revoir la science de la statistique. Alors? Comme disait Lénine: Que faire?

    1° Pébliciter Gérard Deltell pour retrouver une demi-douzaine de garnottes au centre du tableau?

    2° Rapatrier Éric Caire et se retrouver une demi-douzaine d’agglutinés dans le coin supérieur droit du tableau?

    3° Rappeler Jeff Plante et se retrouver une demi-douzaine d’agglutinés hors du coin supérieur droit du tableau?

    4° Supplier Gilles Taillon de rester à la tête du parti et pour ne retrouver qu’un point à chaque coin du tableau?

    5° S’applatir devant Mario Dumont pour qu’il revienne et ne retrouver qu’un seul point au centre du tableau?

    6° Faire appel à Stéphane Gendron pour se retrouver quelque part derrière le tableau?

    7° Implorer Ronald McDonald de venir à la rescousse pour réaliser que le tableau, ça ne veut plus rien dire?

    8° Joindre un mirifique Parti Conservateur du Québec pour faire la bête à deux dos sur le point de Josée Verner? :-)

    9° Créer un nouveau parti de centre-droit ( pas trop de centre parce qu’on en a assez!) pour espérer faire parti du tableau en 2030?

    Espérez le temps que je me gratte…

  4. LBII a dit:

    @Gérard Gladu

    Voyez-vous M. Gladu, ça dépend toujours : quand on veut gouverner dans le consensus général, c’est sûr qu’on peut apprécier d’être partout à la fois, mais si on veut appliquer un programme politique, d’habitude c’est parce que l’on a des idées, et quelqu’un avec des idées ou des valeurs ne peut pas avoir un consensus généralisé! Comme j’aime les idées, j’aime bien que les partis se comportent de façon telle qu’ils ratissent à coup de points certains coins du tableau plus que d’autres : au moins on sait à quoi s’attendre!

    De plus, je ne pense pas qu’un parti puisse survivre en étant partout!

    Oh, un détail important aussi : ce ne sont pas des courbes mais bien des points individuels, il n’y a rien de linéaire dans ce graphique, juste des points!

    Je termine en disant que j’aime bien votre style d’écriture!

  5. ClaudeB a dit:

    Ça doit être ça qu’on appelle du centrisme périférique…

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