
En ouvrant la radio ce soir, je tombe sur une reprise d’Yves Michaud en entrevue avec Benoît Dutrizac.
Il s’objecte à ce qu’a dit Lucien Bouchard puis il nous mentionne qu’il continue toujours d’invoquer avec sa femme le Grand Père de la Nation québécoise et c’est son droit.
Mais, dès la seconde minute, il se lance dans la démagogie habituelle dans laquelle on nous a éduqué au Québec (jusque dans les cours d’histoire au secondaire) avec l’étiquette suivante: «extrême-droite néo-libérale triomphante, capitaliste, «les ouvriers, allez chez le Diable!», etcetera».
C’est drôle, mais d’un invité spécialiste/expert à l’autre sur la majorité des tribunes médiatiques québécoises, ils sont incapables de dire, par exemple, «libertariens», «minarchistes», «anarcho-capitalistes», «libéraux classiques», «friedmaniens»/«monétaristes», «hayekiens», «misiens», «autrichiens», «étatistes/nationalistes réformateurs», «rothmanniens», «nozickiens», «objectivistes», «randiens», etc.
Non, d’un à l’autre, c’est «ultralibéraux», «néolibéraux», «tenants du capitalisme sauvage», «exploiteurs capitalistes», «extrême-droite», «droite radicale», «droite exploiteuse des patrons et des riches/nantis», «nazis capitalistes», «racistes d’extrême-droite néo-libérale mysogynes», etc.
Des termes neutres et absolument pas péjoratifs qu’on retrouve constamment dans les écrits d’éditorialistes du journal Le Devoir, de la bouche de journalistes à Radio-Canada, d’un jeune étudiant ou d’un vieux professeur marxiste à l’UQAM.
On peut ajouter TV5 où Matthieu Dugal fit fort récemment en associant ensemble libertariens, libéraux, conservateurs, national-socialistes, mysogynes et racistes nazis… Dans son cas, il s’agit d’une récidive. Les préjugés avant tout, voilà ce qui doit primer.
Cette propagande qu’on nous répète depuis la jeunesse, en nous disant, par exemple, que le modèle québécois est ce merveilleux exemple d’une société juste, équitable, pas totalement parfaite (mais presque!) qui ne verse pas entièrement dans le socialisme tyrannique et qui n’est surtout pas un «enfer néo-libéral exploiteur qui sert que les plus nantis et qui écrase le peuple».
C’est drôle, mais si des types comme Yves Michaud sont souvent élevés au rang de Grandes Élites de la Nation québécoise sur les tribunes nationalistes (comme celle de Dutrizac) ou social-démocrates, pourrait-on s’attendre minimalement à ce qu’ils soient capables de nommer un chat, un C-H-A-T? Pas de le définir comme une bête immonde à cinq pattes avec un nez long comme Pinocchio et des plumes oranges!
Il me semble qu’il n’y a rien de pire que quelqu’un qui se refuse à lire ce qui pourrait éventuellement le faire changer d’avis et ébranler ses convictions et ses croyances.
Mais cette personne y gagnerait et serait capable d’une plus grande objectivité, détiendrait un plus grand savoir (même s’il ne partage pas l’avis d’un auteur, c’est au moins bien de prendre le temps de songer à ce qu’il dit pour savoir ce qu’il en retourne réellement).
On aurait droit, au Québec, à un débat politique intellectuellement plus sain et où l’adversaire n’est pas le Diable, où l’adversaire n’est pas totalement noir et incarnant tout le Mal possible à défaut d’avoir seulement cherché à le connaître.
Malheureusement aujourd’hui, avec son qualificatif digne d’un pamphlétaire et démontrant bien que certains gobèrent totalement ce que les architectes élitistes du système actuel voulait transmettre à sa population, Monsieur Michaud est digne d’être décrit comme le personnage vivant dans la Caverne, percevant parfois de la lumière mais aussi beaucoup d’ombres et établissant son jugement sur les limites de ce qu’il peut et veut voir.