Tarification au métro Longueuil : le vrai problème

Écrit le 8 février 2010 par LBII

J’allais commencer en vous faisant un résumé de l’histoire, mais rendu au cinquième paragraphe, je me suis dit que ça commençait à faire un peu long! Disons simplement pour faire une histoire courte : des gens qui pouvaient fonctionner avec une CAM pour prendre le métro à Longueuil ne pourront plus le faire car la STM ne prendra que des cartes TRAM et des billets pour prendre le métro à cette station. La TRAM est, comme vous vous en doutez, plus chère.

Il y a quelque chose de très incongru dans la tarification du métro de Montréal. Examinons le cas de personnes qui se rendent à Berri-UQAM à partir des 7 extrémités de lignes du métro.

Station départ Distance (km) Transfert Carte
Montmorency 14 0 TRAM3
Côte-Vertu 15 0 CAM
Honoré-Beaugrand 10 0 CAM
Angrignon 11 0 CAM
Saint-Michel 8 1 CAM
Longueuil 4 0 TRAM3

Comme vous pouvez le constater ci-dessus, il est loin d’exister une adéquation entre le nombre de kilomètres de métro « consommés » et le tarif payé. Dans notre monde de ressources limitées, on dit souvent que nous devons consommer le moins possible. Or, la structure des transports en commun actuelle est l’exemple parfait de ce genre d’incitations qui encouragent les comportements qui font consommer plus : dans cette situation, les gens de Beaconsfield ou de Pointe-aux-Trembles qui vont au centre-ville paient moins cher leur transport en commun que les gens de Pont-Viau ou de Longueuil qui habitent pourtant plus près du centre-ville.

Nous avions déjà discuté de ça par le passé, mais visiblement, le message ne passe pas. Bien que nous devons saluer le fait que les transports en commun seront un peu plus financés de la part de ceux qui les utilisent vraiment, nous devons déplorer les énormes inéquités tarifaires qui persistent entre les différentes portions de la région de Montréal

Mohawks aux blancs : dehors!

Écrit le 5 février 2010 par LBII

Saviez-vous qu’au Canada, il existe des gens qui ont le pouvoir de vous tasser de chez vous parce que vous n’êtes pas de la bonne race? Le Conseil de bande de la réserve de Kanawake, juste de l’autre côté du Pont Honoré-Mercier entre Châteauguay et Saint-Constant, a reçu des plaintes comme quoi les 25 blancs, souvent en couple avec les mohawks, nuisaient à la pureté locale.

Le plus fascinant dans cette histoire, c’est que le conseil de bande semble avoir les lois de son côté. En 1981, il a interdit les couples mixtes de rester sur la réserve, sauf ceux qui étaient mariés avant cette date. La loi a donné raison au Conseil de bande pour contrôler les mariages sur son territoire :

In 1981, the community announced a moratorium on mixed marriages, which meant that non-natives who married Mohawks after that year would no longer have the right to live on the reserve. Any non-native who had married a Mohawk before the moratorium is still permitted to live on the reserve.

In the 1980s, some Mohawks contested the policy before the human rights tribunal, but lost. The courts have ruled that Mohawks can make any membership policy they deem necessary for their survival as a people.
Article complet du National Post : http://www.nationalpost.com/news/story.html?id=2515716#ixzz0edFmrwFM

Imaginez un instant qu’une autorité politique comme une municipalité du Québec invoque une raison identitaire pour expulser hors de son territoire une minorité. Avec raison, cette situation serait dénoncé sur toutes les tribunes. N’est-ce pas là ce qui s’est produit? Malheureusement, c’est souvent deux poids, deux mesures quand on parle des amérindiens…

L’élégance de la politique municipale

Écrit le 3 février 2010 par LBII

Ah, Laval! Si vous cherchez un exemple patent de la futilité d’un conseil municipal, vous n’avez qu’à lire sur la dernière séance du Conseil de la Ville de Laval sur RueFrontenac.

Saviez-vous que le maire de l’endroit, le corporatiste Gilles Vaillancourt, dispose de partisans inconditionnels qui huent les citoyens-politiciens (l’opposition ayant perdu ses élections, elle profite des périodes de questions aux citoyens pour poser ses questions) qui s’opposent à l’empereur de Laval? Moi en tout cas, j’en suis estomaqué! Moi qui croyais que seul René Lévesque, voire Mario Dumont, disposait d’un tel fan club!

Plus ça va, moins je comprends les votes des électeurs au municipal. Je pense à Boisbriand : la mairesse sortante, Sylvie Saint-Jean, a été frappée de plein fouet par toutes sortes d’allégations de manipulation de soumissions et même des élections en elle-même. Pourtant, elle a failli gagner! À Laval, le maire Vaillancourt est tellement bien installé à son poste que son fauteuil de fonction a du commencer à prendre la forme de son postérieur. Après avoir jeté un œil aux résultats des dernières élections en novembre 2009, je me suis aperçu que même si les deux grands partis d’opposition avaient unis leurs forces et que les préférences des électeurs étaient restés les mêmes,  le parti du maire aurait quand même gardé 20 des 21 sièges du conseil!

J’vous le dit, il doit avoir quelque chose dans l’eau de la Rive-nord..!

Scientologues à Québec : 2- L’espace public

Écrit le 2 février 2010 par LBII

Un point plus délicat porte sur la question des manifestations : les scientologues ont inauguré leurs nouveaux locaux par un concert et des activités extérieures, ils ont même bloqué le boulevard Charest afin de tenir ce rassemblement. Bien sûr, bloquer une rue publique implique de demander un permis, encore une fois.

Tel que mentionné dans l‘article de Cyberpresse ici, la Ville de Québec ne refuse généralement pas de permis à ceux qui demandent de bloquer des rues pour des activités. Cela dit, contrairement à un local pour lequel on paie des droits pour en devenir propriétaire ou locataire, la rue est un bien communautaire qui appartient « à tous ».

Vous aurez compris qu’ici, nous détestons ces expressions d’appartenance à tous, car elles sont souvent mensongère. Lorsque les scientologues ainsi que leurs opposants occupent un espace dans la rue, ils le bloquent aux autres utilisateurs : piétons, utilisateurs du transport en commun, automobilistes et camionneurs : à qui est le droit suprême d’occuper l’espace public?

Lançons une idée qui peut sembler folle : imaginons une rue privée! Imaginons en effet que le boulevard Charest ait appartenu à l’entreprise RueCommerciale Inc, qui appartient à M. Tremblay qui habite à Sillerey. RueCommerciale Inc. charge un montant forfaitaire à tous les propriétaires fonciers selon le frontage qu’ils possèdent le long du boulevard Charest : celui qui possède plus long de façade paie plus cher que celui qui en a moins. En échange, RueCommericale Inc garantit à ses locataires de rue que l’asphalte sur le boulevard Charest est toujours belle, que les trottoirs sont bien déneigés et que ses locataires aient un accès à leurs locaux.

M. Tremblay reçoit donc le responsable des scientologues de Québec, qui demande le droit de tenir leur rassemblement dans la rue. M Tremblay peut se fier aux contrats avec les autres locataires de la rue pour prendre sa décision : si j’accorde ce droit aux scientologues, est-ce que je viole mon contrat avec les autres occupants à qui j’ai garanti un accès à leurs locaux? Il peut aussi se fier à ses valeurs personnelles (oublions les chartes) et se demander s’il veut accorder une telle présence aux scientologues. Il pourra juger des conséquences sur la réputation de son entreprise… bref, il aura sous la main une décision difficile, mais une décision qui lui appartient en tant que propriétaire de son bien. Peut-être aussi que les scientologues jugent ce rassemblement tellement important qu’ils offriront une compensation généreuse à M. Tremblay et/ou aux locataires de RueCommerciale inc pour qu’ils fassent pression auprès de M. Tremblay pour qu’il accepte.

L’éthique qui repose sur la propriété résout instantanément ce dilemme : le propriétaire en tant qu’individu libre d’user de sa propriété  prend une décision selon ses propres critères. Une telle flexibilité n’est malheureusement pas permise auprès des institutions « publiques » qui doivent développer des bureaucraties monstres pour prendre des décisions, ménager le chèvre et le chou, respecter des textes de lois qui n’en finissent plus et composer avec des groupes qui revendique exactement le contraire.

J’aimerais terminer avec cet extrait du livre L’Éthique de la liberté écrit par le penseur libertarien Murray Rothbard :

Les problèmes de liberté d’expression, par exemple, sont endémiques dans les rues qui appartiennent aux hommes de l’État : le gouvernement doit-il autoriser les manifestations politiques dont il prétend qu’elles gêneront la circulation et répandront des tracts sur la chaussée? Ces problèmes qui semblent remettre en cause l’absolutisme de la liberté d’expression sont, en fait, uniquement dus au défauts de délimiter les Droits de propriété. Car les rues, en général, appartiennent aux hommes de l’État, qui sont alors dans la position du président d’assemblée. Comme n’importe quel propriétaire, ils son confrontés au problème des ressources rares. Supposons que la manifestation de rue doive provoquer un embouteillage ; alors, la décision des hommes de l’État ne concerne pas tant une décision de liberté d’expression qu’une simple question d’affectatuon de la rue par son propriétaire.

(…) Bien sûr, aussi longtemps que les rues restent demeurent propriété étatique, la situation conflictuelle demeure insoluble, car ce régime implique que tous nos autres Droits de propriété, incluant la liberté d’expression, de s’assembler, de distribuer des tracts, etc., seront entravés et limités par la nécessité continuelle de traverser et d’emprunter les rues appartenant aux hommes de l’État (…) D’une manière où d’une autre, quelle que soit la décision prise, les “Droits” de certains contribuables en sortiront diminués.
- ROTHBARD, Murray. 1991. L’Éthique de la liberté. Paris. Société d’édition Les belles lettres. 435 p.

Scientologues à Québec : 1 - La liberté religieuse

Écrit le 1 février 2010 par LBII

Secte pour certains, religion organisée pour d’autres, la scientologie laisse peu de gens indifférent avec son programme, ses obligations et ses croyances. L’Église de Scientologie vient d’ouvrir au coeur de Québec une « section locale » qu’elle a inaugurée en grandes pompes hier (samedi le 30 janvier).

Avez-vous une opinion là-dessus? Personnellement, cette nouvelle m’a permis de réfléchir un peu. Voici le fruit d’une première réflexion, sur le droit des scientologues de propager leur version de la Bonne Nouvelle.

Les scientologues ont-ils le droit d’être?

Le service d’urbanisme de la Ville de Québec aurait-il du refuser aux scientologues un permis pour occuper leur local sur le boulevard Charest? Une telle décision aurait été discriminatoire. Malgré le dossier noir de la scientologie, nous ne pouvons aisément accepter que l’État s’accapare du pouvoir de décider quelles croyances religieuses sont bonnes et lesquelles sont mauvaises. En ouvrant la porte à un tel jugement de valeur de l’État envers un groupe religieux, nous laissons à l’état la possibilité de fermer n’importe quel établissement religieux qu’il juge non-conforme à ses valeurs, un pouvoir qui entre les mains de certains pourrait mener à des abus.

Le seul critère pouvant probablement justifier l’intervention de l’État dans le cas présent est si le groupe constitue une agression contre d’autres individus. Tant que le culte scientologue tient ses réunions pacifiquement et n’incite pas à la violence, il conserve son droit d’être et de répandre son message et sa façon de vivre. Cependant, si ce culte ou n’importe quelle autre tenait des propos ou défendait des règles de conduite qui incite à se comporter de façon violente envers les autres, alors ce groupe pourrait faire l’objet d’une attaque en règle de l’état.

De la même façon, un groupe qui proteste contre la scientologie aurait le droit de louer un local dans les alentours afin de se donner un QG pour contrecarrer les activités des scientologues pacifiquement, par des campagnes d’information ou autres, de la même façon qu’une entreprise et une autre concurrente ont le droit de se donner des locaux.

Des conservateurs sociaux ou même des militants athées pourraient prétexter que la légitimation de la scientologie comme Église en leur accordant un permis d’occupation nuit au bon ordre social et aux moeurs et coutumes, voire à la tradition québécoise, qu’elle soit chrétienne ou laïque post-révolution tranquille. Peu importe le point de vue, il s’agit ici de groupes défendant des valeurs qui tentent de limiter le droit d’exister d’un autre groupe défendant d’autres valeurs. Si les rôles étaient inversés et les scientologues étaient majoritaires, l’éthique qu’impose le principe de liberté individuelle ne peut pas justifier que les non-croyants et les catholiques soient brimés dans lur possibilité d’avoir un lieu de culte.

Nous venons d’aborder le droit pour une religion d’exister et d’avoir un espace à elle. Mais qu’en est-il si comme les scientologues vous voulez occuper temporairement un lieu dit public (comme une rue) le temps d’un rassemblement extérieur? Nous aborderons cette question demain dans un billet intitulé «Scientologues à Québec :  l’espace public »

Info690 : Une autre de perdue…

Écrit le 29 janvier 2010 par LBII

Les médias d’information traditionnels sont mis à mal, et je dois dire que je viens d’apprendre une bien mauvaise nouvelle avec la disparition dès ce soir de Info 690, un poste de radio de nouvelles en continu auquel j’étais accroc lors de mes déplacements en auto… de plus, j’ai toujours trouvé que Corus avait dans son traitement de l’information un souci de neutralité plus important que ses compétiteurs. M’enfin, faudra que je me trouve autre chose à écouter!

Le pétrole et le Bloc

Écrit le 25 janvier 2010 par LBII

Nous savons que Gilles Duceppe déteste le pétrole albertain, on ne peut citer qu’en exemple sa sortie récente contre Christian Paradis lorsque le député conservateur de Mégantic-L’Érable a été nommé aux ressources naturelles.

Ses députés détestent-ils autant le pétrole des sables bitumineux? J’imagine que ça dépend de son usage. À la suite de la fermeture annoncée de la raffinerie Shell à Montréal-Est, un « Groupe de survie » s’est formé afin de garder en marche la raffinerie. Parmi les membres de ce groupe, on retrouve Jean-Claude Rocheleau, le président du syndicat des employés de la raffinerie qui a déclaré sur le Canal Argent : « On sait que les Desmarais sont impliqués avec la compagnie Total et ils sont dans les sables bitumineux. Il y a un projet de débloquer le Pipeline entre Sarnia et Montréal pour amener le brut de l’Ouest vers Montréal. Donc, cela pourrait intéresser Total de raffiner ici » (« Le syndicat cherche des des acheteurs partout ». Journal de Montréal, 22 Janvier 2010, p. 4)

Dans ce même groupe, on retrouve la députée bloquiste Nicole Léger Francine Lalonde, qui se retrouve donc à défendre la position de M. Rocheleau comme quoi les Desmarais, fédéralistes, et les sables bitumineux de l’Alberta représentent un moyen de sauver la raffinerie.

Gilles Duceppe osera-t-il s’élever contre sa députée qui s’associe à une coalition qui envisage de téter le pétrole de l’Alberta pour se sortir du trou ou continuera-t-il à jouer les hypocrites et à dénoncer les sables bitumineux qui rapportent des milliards au Québec par la péréquation et qui pourraient sauver des emplois dans l’Est de Montréal?

Une terrasse à Montréal

Écrit le 21 janvier 2010 par LBII

… c’est toujours plus compliqué à gérer qu’ailleurs avec les règlements! Citation tirée d’un article sur les objets de contrôle de notre belle bureaucratie d’ici :

Montreal’s regulation minutia extends to outdoor signage and patios, said Sandy Green, director of the Crescent Street Merchants Association, which works with the businesspeople on Montreal’s popular nightlife strip. She said if she weren’t around to field questions for business owners, “there would be a disaster.”

“If one merchant wants to change their signage outside, it could take up to a year to get approval if you don’t know what you’re doing.”

Aside from rules governing how many chairs and tables are allowed per square foot on a patio, it also cannot be furnished from November through April. “Because you have some people who aren’t too smart and won’t clear the ice … it makes sense in winter, but if there is a nice day in April, why not?” she asked.
Tiré de : http://www.financialpost.com/small-business/story.html?id=2454567&p=2#ixzz0dIM2CZS5

Trois désolations en H : Haïti, Havre et Harper

Écrit le 20 janvier 2010 par LBII

Nous allons essayer de reprendre un rythme de publication plus normal au cours des prochains jours, mais je n’aime mieux rien vous garantir!

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Les derniers jours ont été consacrés à une couverture exhaustive du tremblement de terre à Haïti. Difficile d’imaginer l’ampleur de la catastrophe tant les chiffres sont astronomiques : des quartiers entiers réduits en poussière, des dizaines de milliers de morts… ce qui est désolant dans cette histoire, c’est comment ce pays semble condamné à rester dans la pauvreté, privé de porte de sortie : chaque fois qu’il y a un peu de stabilité, on dirait qu’il y a un coup d’état ou une catastrophe naturelle pour saper les progrès accomplis.

Il faut espérer que dans les prochaines années, les haïtiens pourront compter sur la stabilité requise pour que leur pays décolle. Le temps de rebâtir leurs infrastructures.

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Avez-vous entendu parler de l’opposition au corridor Dalhousie? En gros, il s’agit de dédier cette rue entre le centre-ville de Montréal et l’autoroute Bonaventure à l’usage exclusif des transports collectifs. Avec plusieurs centaines de passages d’autobus par jour et 20 000 passagers, le projet qui est partie intégrante du grand développement du Havre de Montréal est intéressant et présente un potentiel pour être ouvert à du trafic payant intéressé de fuir les bouchons en monnayant un droit de passage.

Mais bien sûr, il fallait que quelques illuminés décident que ce projet est mauvais : malgré le fait qu’ils habitent près des chemins de fer, dans un quartier délabré et à proximité de l’actuelle autoroute Bonaventure, les résidents jugent que le passage des autobus est nuisible. Alors que le quartier voisin au leur va connaître une opération de réhabilitation urbaine majeure qui va améliorer la qualité de vie des alentours, ils se plaignent que leurs terrains vont perdre de la valeur à cause du couloir d’autobus. Bizarrement, ils semblent considérer que les vieilles usines pourries et les terrains vagues et un viaduc de chemin de fer constituent de meilleurs voisins qu’un quartier tout neuf qui implique la création du couloir d’autobus qui, de toute façon, vont passer près de leur chez-soi de toute façon, que ce soit dans le couloir ou deux rues plus loin.

Le projet du Havre et son sous-projet de couloir de transport collectif n’est pas parfait en soi, mais il représente une opportunité de dynamiser la vie économique de Montréal et de créer un quartier résolument moderne dans une ville qui a bien besoin de projets économiquement vivants (contrairement au cube de béton du Quartier des Spectacles qui ressemble plus à une opération cosmétique qu’à un véritable projet urbain). J’espère que les leaders économiques de Montréal ne reculeront pas devant les protestations de quelques yuppies en manque de projets à critiquer.

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Par rapport au remaniement du cabinet Harper, je suis déçu, même très déçu, de voir que Maxime Bernier est resté sur les banquettes arrières. L’homme n’a t-il pas assez séché à l’arrière banc? En fait, je n’hésite pas à blâmer le premier ministre pour ce qui est arrivé au député de Beauce, car ça ne prenait pas la tête à Papineau pour comprendre que les affaires étrangères n’étaient pas la force de Maxime Bernier, qui est un homme d’économie dont le passage au ministère de l’industrie a été considéré un succès par un prof de McGill.

Alors message à l’entourage de Harper : ramenez Bernier, ça presse! Comme vous avez rejoint le camp des libéraux fédéraux en terme d’économie avec vous plans de relances qui aggravent le déficit et la dette publique, peut-être qu’il est temps d’arrêter de prendre des lèches-bottes interventionnistes aux postes économiques et de ramener un défenseur du marché…

Corporatisme à la québécoise et fuir la réalité

Écrit le 18 janvier 2010 par Matt

Je ne trouve rien de rassurant à l’annonce d’un forum économique québécois. Ça pue les relents du corporatisme auquel le gouvernement de Lucien Bouchard nous avait habitué à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Dans une allure de congrès, des lobbys discuteront pour «planifier l’économie québécoise» des vingt prochaines années. À l’extérieur des lieux de la réunion, d’autres lobbys non invités manifesteront parce qu’ils veulent participer à cet effort de planisme, à leur avantage personnel espèrent-ils eux aussi.

Dans les faits, les risques sont grands que chaque groupe participant cherchera à avoir ou aura droit à quelques avantages particuliers au dépend de l’ensemble de la société. Certains demanderont des lois particulières pour empêcher la liberté et une concurrence avec leur entreprise ou leur syndicat hors et intra-Québec, bref, à avoir le monopole sur un marché (que ce soit des travailleurs ou sur des produits et services).

D’autres lobbys voudront qu’on investisse des centaines de millions en fonds publics dans leur secteur, en disant qu’ils sont le futur, qu’ils sont l’âme du Québec, etc.

J’ai lu que des groupes près de Monique Jérôme-Forget seront invités. Tristement, je crois que ces groupes (CIRANO? Luc Godbout?) seront aussi ceux que veut entendre le gouvernement: ceux qui affirment, non pas qu’il faut réduire les dépenses, abolir des services inefficaces et inutiles, introduire la concurrence, mais bien trouver des nouvelles façons additionnelles et inusitées d’aller fouiller dans les poches du contribuable pour que l’État et les politiciens puissent continuer à prendre de l’espace, à gagner du pouvoir sur nos vies.

Le gouvernement Charest affirme aussi ne pas vouloir y parler du présent, du déficit énorme et des fissures s’accroissant dans les services publics. Peut-être est-ce ce qu’on appelle aussi une fuite en avant: plutôt que de braver les problèmes du présent, comme Staline, on préfère organiser un événement pour parler d’un futur utopique…

Après les grandes consultations et enquêtes publiques, pourquoi pas un forum économique et financier qui, soit servira à approuver les privilèges aux uns et les sacrifices injustes des autres, soit qui servira, oui, à faire oublier la mauvaise gestion quotidienne de ce gouvernement.

Si les invités tiennent à conserver une image respectable dans l’opinion publique, je les convie à bouder l’événement, même si ça fâche notre petit roi frisé sur son trône, outré que des sujets soumis ne daignent aller lui quêter des avantages le dos poliment courbé.

C’est à l’avantage des véritables libéraux et des vrais capitalistes de ne pas y aller: ne vous laissez pas associer aux corporatistes et aux dépendants.

Pour les politiciens, cessez donc, ici comme ailleurs, d’essayer de vous penser pour les rois du monde, des dieux déterminant ce qui est bon et ce qui l’est pas, ce qui va marcher dans le futur et ce qui ne marchera pas.

À VOIR: “Crony capitalism” par John Stossel