Encore la culture!

Aujourd’hui, des artistes ont marchés en réaction aux coupes annoncées par le gouvernement conservateur. Dans le Journal de Montréal, on retrouve des commentaires d’artistes au sujet de ces coupes.

Voici ce que Raymond Bouchard a dit:

Les conservateurs sont des gens de droite, ils voudraient qu’on trouve les moyens dans le privé. Ils prennent exemple sur les États-Unis, mais eux n’ont pas besoin de subventions, ils ont le monde comme marché. Ici, c’est une tout autre chose.

Et voici ce que un peu plus bas, son collègue Yves Jacques s’inquiète pour la tournée de la pièce Le Projet andersen… en Nouvelle-Zélande, en Autriche et en Italie! Douce ironie…

Peut-être me dites-vous alors: « Mais LBII, les artistes ont besoin de ces subventions pour voyager! »

On dit un peu plus bas dans ce même article que la chorégraphe Marie Chouinard reçoit pour sa compagnie de danse une subvention de 200 000$. Soit.

En 2008, sa compagnie a donné/donnera près de 60 spectacles, ce qui signifie 3333$ par prestation. À supposer qu’il y a quelques centaines de spectateurs dans la salle, personne ne me fera croire qu’il est impossible d’absorber les coûts sur la vente de billets! Les audiances sont internationales, et ceux qui assistent à des spectacles de danse contemporaine ne sont certainement pas des pingres! Ça ne représente que quelques dollars sur des billets qui se vendent quelques dizaines de dollars!

Rien ne justifie que la culture soit une marchandise d’exception. Le public et les mécènes doivent être les seuls juges des produits culturels.

27 août 2008, écrit par LBII

Intentions de votes d’adéquistes

À mon retour à la maison, bien coincé dans la circulation du Pont-Tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, j’écoutais Jean Lapierre faire sa chronique quotidienne à l’émission de Paul Houde au 98,5 FM. L’homme aime bien parler de ses connexions dans le milieu politique, mais franchement, je trouve ses analyses bien peu pertinentes pour quelqu’un d’aussi connecté!

Commentant les élections fédérales qui s’en viennent incessament, il a dit en ondes, et je cite, que « 80% à 90% des députés adéquistes allaient appuyer les conservateurs ».

Pardon?

Revenons sur certains articles parus dans les médias ces derniers temps. D’abord, cet article sans équivoque sur les appuis de certains députés adéquistes et des directives émanant du Cheuf Mario Dumont.

  • André Riedl (Iberville): Près des libéraux fédéraux, voit en Stéphane Dion un homme « Intègre et courageux »
  • Jean-François Roux (Arthabaska): Près du député bloquiste de son coin: André Bellavance
  • Janvier Grondin (Beauce-Nord): N’appuiera peut-être pas Maxime Bernier, le candidat conservateur de son coin, en raison de ses histoires avec Julie Couillard.
  • Sylvain Légaré (Vanier): Un conservateur mou, qui semble se ranger par défaut mais qui dit en avoir sur le coeur quand il pense au PC.

Remontons un peu plus lon dans le passé, avec des articles sur Simon-Pierre Diamond et Pascal Beaupré, les cadets de l’actuelle Assemblée Nationale, ainsi que sur François Benjamin

  • Simon-Pierre Diamond (Marguerite d’Youville): A déjà été approché par les libéraux fédéraux. Le connaissant plutôt bien, je sais très bien qu’il ne se rangera pas en arrière des conservateurs, dont il ne partage pas beaucoup les vues. De plus, son père est un bonze du Parti libéral sur la Rive-Sud de Montréal.
  • Pascal Beaupré (Joliette): Ancien membre du Parti libéral du Canada.
  • François Benjamin (Berthier): Ancien responsable de la Maison des Patriotes dans son coin de pays, ami de Pierre Falardeau et a déjà dit qu’il voterait « Oui » à un référendum sur la souveraineté. Père de la loi qui force les doublages de films au Québec… pensez-vous que le gars va voter pour un parti fédéraliste qui vient de faire le ménage en culture?

Comme vous pouvez le voir, les députés adéquistes sont loin d’être aussi unanimes que ce cher Jean Lapierre l’affirmait ce soir! Si vous vous attendez à ce que les députés adéquistes se rangent derrière les conservateurs de façon massive, il y a des chances que vous vous trompez.

27 août 2008, écrit par LBII

Les corporations

Dans l’édition la plus récente de la revue libérale Fraser Forum, on publie les résultats très intéressants d’une petite enquête sur les sièges sociaux au Canada. À partir du top 500 des entreprises canadiennes établies par le Financial Post, le chercheur Nadeem Esmail compare la concentration de sièges sociaux d’entreprises dans cinq grand ensembles urbains du Canada: Montréal, Toronto, Winnipeg, Calgary et Vancouver.

Les résultats de cette petite recherche sont très intéressants. Afin de bien saisir l’importance des sièges sociaux sur une région métropolitaine donnée, il dénombre le nombre de sièges sociaux majeurs et divise le résultat par le nombre de centaines de milliers d’habitants habitant l’agglomération étudiée. Voici ce que ça donne:

  • On remarque d’abord que Toronto est moins « hot » qu’on pourrait penser. Son aéroport étant la plaque tournante du trafic aérien au Canada, son centre financier le plus prospère et ses universités étant d’une renommée non-négligeable, on aurait pu s’attendre à ce que les sièges sociaux aient envie de s’y installer, alors qu’ils semblent s’en aller!
  • Du côté de Calgary, la situation est plus stable, alors que malgré le boom de population de la ville, le nombre de sièges sociaux suit en conséquence.
  • Winnipeg connaît aussi une stabilité, mais sans les entreprises d’état, la métropole du Manitoba ne serait pas en aussi bonne posture!
  • Montréal, elle, se classe plutôt bien, mais encore là, les sièges corporatifs des entreprises publiques y sont pour quelque chose.
  • Mais le cas de Vancouver, malgré qu’elle possède par sa situation géographique le statut de porte canadienne sur l’Asie, elle ne semble pas tirer parti de la prospérité croissante de ce continent, alors qu’elle se classe bonne dernière.

Cela dit, je trouve ce profil un peu trop rapide, quoique très intéressant. Je pense bien que je vais moi-même étudier plus en détail le top 500 du Financial Post pour tirer des conclusions plus précises sur la localisation des grandes entreprises!

25 août 2008, écrit par LBII

La liberté de circuler… et de charger pour

Des entreprises offrent un service de jumelage entre conducteurs et voyageurs. En quelques clics, vous pouvez trouver un automobiliste volontaire qui se déplace vers le même endroit que vous et qui cherche à réduire ses coûts de déplacements en sacrifiant un peu de son intimité pour laisser des voyageurs prendre place dans les sièges de libre dans son véhicule.

En Ontario, des compagnies d’autobus allèguent avec raison que la loi ontarienne interdit cette pratique: quand on se fait rénumérer pour déplacer des gens, on doit posséder un permis. C’est pourquoi une compagnie d’autobus poursuit une entreprise de jumelage.

Une dérive du capitalisme? Non, une dérive d’inspiration socialiste, car un jour, un bureaucrate a pensé que les gens étaient trop cons pour pouvoir choisir leur façon de se déplacer. Oui, ça signifie qu’un gars peut s’acheter un éconoline et puis devenir un chauffeur d’autobus improvisé. Et après? Si des gens préfèrent payer pour voyager dans une auto, une camionette ou un autobus coach, c’est l’affaire des voyageurs!

Ce faisant, le gouvernement se tire dans le pied: il entrave la libre-circulation des personnes, tue l’entrepreneurship et se prive des revenus qu’il pourrait collecter auprès des petites entreprises de transport qui vont préférer opérer au noir. Ridicule.

23 août 2008, écrit par LBII

In God We Trust

Southport, en Indiana, est une petite ville de White anglo-saxon protestants située en banlieue d’Indianapolis, aux États-Unis.

Le maire de cette petite bourgade de banlieue a décidé, afin d’éviter un procès susceptible de ruiner sa ville, de cesser de faire la prière avant les assemblées du conseil municipal.

La discussion suivante a eu lieu entre un commentateur musulman travaillant pour une radio d’Indianapolis et Laura Ingraham, animatrice à l’émission The O’Reilly Factor. Ne vous détrompez pas, la décision dépasse Mme. Ingraham… ainsi que son invité! Il est intéressant d’avoir un point de vue américain et conservateur sur cette question.

Fascinant comme quoi les débats sur la laïcité dépassent les frontières.

21 août 2008, écrit par LBII

Sites d’injection : La mauvaise idée

On aura beau nous dire que les études nous indiquent que les sites d’injections sont pleins d’avantages, la seule question que je me pose, c’est comment peut-on vouloir dépenser des millions de dollars pour aider des gens à mieux se doper alors que cet argent pourrait, par exemple, aider à soigner des jeunes atteints de maladies incurables, ou bien être investis dans des écoles défavorisés!

Certains disent que la consommation de drogues est un choix personnel. Or, les choix personnels entraînent des coûts qui ne méritent pas d’être assumés par le reste de la société! Les sites d’injections visent à prendre des ressources volées à toute la société pour la donner à quelques individus pris avec des problèmes INDIVIDUELS! N’y a-t-il pas quelque chose de malsain là-dedans? Quand même qu’on empêche quelques héroïnomanes de chopper une hépatite, les ressources communautaires et les infirmières méritent d’être au service de gens qui n’ont jamais cherché à être là où ils sont aujourd’hui, et non aux héroïnomanes du Québec

21 août 2008, écrit par LBII

Démocratie sélective

Dans son livre Letters To a Young Conservative, le commentateur politique américain Dinesh D’Souza raconte que lors d’une cours dans une université, une militante de gauche s’est mise à crier pour protester contre sa venue. D’Souza a prié la dame de se taire et de le laisser argumenter, mais celle-ci s’entêtait à perturber le cours. Excédé, il a alors appelé la sécurité qui a expulsé la dame, qui s’est débattue en criant « On m’empêche de parler, on m’empêche de parler »!

La stratégie semble être assez commune dans les cercles militants de gauche, alors que des militants contre le projet de port méthanier Rabaska ont perturbé une rencontre du Conseil municipal de Lévis. Ont-ils perturbés le vote d’un réglement d’emprunt? D’un changement de zonage pour le port? Pas du tout! Ils sont intervenus… pendant la période de questions des citoyens! Ils ont empêchés les payeurs de taxes de Lévis de pouvoir demander aux élus de répondre à leurs questions.

La seule chose qui me vient en tête: bande d’imbéciles heureux. Retenez ce nom: le Campement autogéré 08. Si quelqu’un a quelques bombes puantes, on pourrait leur faire « sentir » ce qu’ils ont volés aux citoyens de Lévis: l’occasion de s’exprimer sur les sujets qui leurs sont importants.

20 août 2008, écrit par LBII

Pont Champlain : Oui au pont, non au SLR!

Le gouvernement fédéral a fait une annonce majeure ce matin sur le plan des infrastructures. Après, en 2007, avoir annoncé n’avoir aucun plan sur le sujet, le ministère fédéral des transports Lawrence Cannon a procédé à une annonce très importante sur les infrastructures: la reconstruction du Pont Champlain.

Il faut savoir que ce pont est l’un des plus achalandés de la région métropolitaine de Montréal, avec près de 59 millions de véhicules par jour. Sa longueur de près de 6 kilomètres en fait le plus long pont autoroutier du Québec. Sur le plan des transports en commun, presque 20 000 usagers traversent chaque jour le pont par les multiples trajets d’autobus qui y circulent.

Pont Champlain, vu du Mont-Royal. Photo de LBII

Cette nouvelle est une excellente nouvelle pour tous les résidents de la Rive-Sud: l’infrastructure étant vieille de presque 50 ans, elle n’est aucunement adapté aux nouvelles réalités métropolitaines: la Rive-Sud compte beaucoup plus d’habitants qu’autrefois, et puis le camionnage occupe une part beaucoup plus importante qu’à l’époque pour le transport des marchandises. Si le gouvernement pense à retravailler les approches du pont tant du côté montréalais (L’autoroute Décarie, avec ses deux voies dans chaque direction, ne suffit pas aux besoins) que du côté brossardois (L’accès par la route 132 ne sépare pas suffisament le trafic local du trafic de transit, ce qui accentue l’impact des bouchons).

Mais le ministre Cannon a des réticences à parler tout de suite d’implanter un système léger sur rail, ce qui est l’expression gentille pour un tramway. En fait, il fait très bien!

Le ministre Cannon ne rejette pas l’idée d’un train léger, mais le sujet devra faire l’objet de discussions avec le gouvernement du Québec

Source: Canoë

En fait, l’attitude des conservateurs envers le train léger ne fait aucun doute: ils n’en veulent pas! Les études du SLR sont prêtes depuis plusieurs années, mais c’est le fédéral qui attend de délier les cordons de sa bourse.

Mais rappelez-vous d’une chose: le SLR est un gaspillage éhonté d’argent public! Selon ses défenseurs, 20 000 usagers par jour constituent un argument suffisant pour justifier un tram d’un milliard et demi de dollars!

Or, à travers le monde, des systèmes d’autobus rapides (En anglais: Bus rapid transit, ou BRT) transportent avec efficacité et rapidité des quantités de gens biens plus importantes… à une fraction du prix! Selon une étude de l’Institute for transportation & development policy de New York, ces systèmes possèdent des avantages immenses. Voici quatre arguments pour être contre le projet de SLR (Train léger sur rail) dans l’axe du Pont Champlain.

  • Le coût des immobilisations sont beaucoup moins importants que pour un tram, pour lequel il faut construire les rails, mettre en place une cour pour l’entretien des véhicules, etc… Selon les chiffres de l’ITDP, les projets de trains légers reviennent entre 18 et 38 millions de dollars du kilomètre, alors que les systèmes d’autobus rapides sont à peu près 10 fois moins chers!
  • Le temps pour mettre en place le système est de beaucoup moindre à ce qu’il en faudrait pour un réseau de transport lourd, comme un métro ou un tramway: de un à trois ans pourraient suffire, alors que le projet de SLR pourraient s’échelonner sur beaucoup plus longtemps.
  • Les BRT sont beaucoup plus flexibles si des trajets alternatif doivent être développés en cas de pépin. Exemple, un accident industriel près du trajet de SLR ou bien un véhicule défectueux forcerait une interruption de service complète, alors qu’un autobus en panne n’empêche pas les autres autobus de fonctionner.
  • Un BRT convient parfaitement pour accueillir 20000 passagers. Tel que cité dans le passé, la ville de Nantes en France a choisi des autobus à grande capacité pour transporter 25 000 personnes. Pourquoi ici devrions-nous construire un train léger pour moins de gens?

Bien sûr, un bon projet d’autobus rapide a besoin d’être conçu intelligemment. J’y reviendrai une autre fois. Mais l’important pour ce soir, c’est de retenir la chose suivante : soyez contre le projet de SLR!

SOURCE: WRIGHT, Lloyd et Walter Hook. « Bus Rapid Transit Planning Guide ». Institute for Transport & Development Policy, New York, Juin 2007

18 août 2008, écrit par LBII

Qu’est ce qu’on fait avec…

… ça?

Photo par LBII

Le très cher (dans tous les sens du terme) Stade olympique de Montréal souffre de solitude! Le maire de Montréal refuse d’en prendre la responsabilité (Il appartient à la Régie des installations olympiques).

Sa localisation n’est pas foncièrement mauvaise: accessible par métro et par autobus, dans un secteur avec une bonne densité de population, avec des équipements récréo-touristiques à proximité.

Tenu compte de ces différents facteurs, peut-être pourrions-nous simplement en démolir une partie? Sa valeur symbolique pouvant représenter un fort potentiel touristique, il a une image à préserver. Mais la superficie qu’il occupe pourrait potentiellement être utilisée à meilleur escient. Il en résulterait des revenus supplémentaires en taxes foncières pour la ville, des emplois créés pour un quartier qui en a bien de besoin, ainsi qu’une meilleure profitabilité pour les réseaux de transports collectifs en place autour du site.

Ce qui m’a inspiré cette réflexion? Cet article disponible sur cyberpresse.ca sur le Stade et celui-çi sur l’après-jeu et la planification de l’utilisation des infrastructures.

16 août 2008, écrit par LBII

Les « zartiss » et la politique (Encore)

Certains vont croire que je fais une fixation sur les chroniqueurs des pages cinéma de La Presse. Peut-être ont ils un peu raison, mais que voulez-vous, ils me font un peu suer ces derniers temps! Eux, ainsi que ceux qui commentent. Au fond, ce ne sont surement pas des mauvais gars, mais disons que je déplore leur manque de respect pour le conservatisme!

Cette fois-ci, c’est Josef Siroka qui frappe, avec un billet publié il y a quelques temps sur les républicains à Hollywood. L’auteur y va d’un ton moralisateur, voire condescendant, sur un projet du réalisateur David Zucker : faire un film tordu sur les tords et travers de… la gauche hollywoodienne! L’histoire en gros: celle d’un américain réalisateur de documentaires gauchiste obèse (Ça ne vous fait pas penser à quelqu’un) qui milite pour l’abolition de la fête nationale des USA et en voie de préparer un film de propagande pour des islamistes, mais qui dans son sommeil voit arriver trois fantômes qui tenteront de le sensibiliser à la grandeur de l’Amérique! Selon le billet, Zucker tente de rallier des acteurs et actrices aux sympathies conservatrices. Beau défi en prespective pour ce filmmaker dont les sympathies républicaines sont connues.

Ce qui me déplaît, c’est que dans la forme du billet, il y a cet espèce de mépris infantilisant pour les idées conservatrices. Je n’ai rien contre ça: la liberté d’expression marche toujours des deux côtés. Cela dit, la prochaine fois que j’entends parler un chroniqueur de cinéma sur sa grande ouverture d’esprit, je me promets de me rappeler de la condescendance de ces derniers pour ceux qui défendent des idées contraires aux leurs! Encore une fois, le monde artistique nous prouve que son ouverture d’esprit est en réalité un sens unique à gauche.

Parce que dans les faits, le Weekly Standard n’est pas écrit par des deux de piques, et a été fondé par un intellectuel qui a consacré sa vie à penser le conservatisme politique d’une façon réfléchie et sérieuse (William Buckley). La façon dont Siroka en parle est cavalière et ne rend pas justice à la publication. Le ton hautain de Siroka envers ce magazine politique n’est pas de bon goût, car le contenu de la revue dépasse le simple patriotisme aveugle.

***

En parallèle, Marc Cassivi continue inlassablement ( et deux fois plutôt qu’une) sa croisade contre la ministre fédéral du patrimoine, Josée Verner, qui fait enfin un peu de ménage dans les programmes de subventions à la culture, pour le plus grand bien des contribuables. Répétant ad vitam énernam le même argument comme quoi les subventions sont à la culture ce que l’essence est au moteur à explosion, Cassivi est aussi tendre envers la ministre qu’il le serait dans la critique d’un film pour préados américain.

Je ne suis pas un grand expert en cinéma, mais je sais qu’au Québec, Johanne Marcotte a concocté son documentaire coup de poing L’Illusion tranquille sans subventions. Il en va de même pour le film popcorn À vos marques… Party! et sa suite. On entend souvent dire que faire un film est loin d’être à la portée de toutes les bourses, mais au 21e siècle, alors que les communications et la possibilité de faire son média sont pratiquement infinies, et que les audiences sont planétaires, personne ne me fera croire que le cinéma ne pourrait pas survivre à un peu d’austérité!

Cassivi ne cesse de dire que la culture est l’âme d’un peuple, et que celui-ci doit donc soutenir sa culture. Le problème, c’est que je n’ai jamais choisi mon peuple, je suis né dedans. Peut-être aurais-je pu choisir de naître ailleurs! L’absence de libre-choix rend son argument nul, sauf si on considère que les individus se doivent d’être inféodés à leur nationalité, ce qui était aux dernières nouvelles une caractéristique du fascisme!

Ils sont étranges, les chroniqueurs de cinéma de La Presse. Ils critiquent l’ «overpatriotisme » américain d’un côté, et de l’autre, ils tentent d’exhalter notre amour de la nation québécoise pour nous faire payer des films par l’État. Contradiction? En tout cas, je suis sûr qu’ils sont quand même sympathiques, ces bonhommes-là.

14 août 2008, écrit par LBII