Certains vont croire que je fais une fixation sur les chroniqueurs des pages cinéma de La Presse. Peut-être ont ils un peu raison, mais que voulez-vous, ils me font un peu suer ces derniers temps! Eux, ainsi que ceux qui commentent. Au fond, ce ne sont surement pas des mauvais gars, mais disons que je déplore leur manque de respect pour le conservatisme!
Cette fois-ci, c’est Josef Siroka qui frappe, avec un billet publié il y a quelques temps sur les républicains à Hollywood. L’auteur y va d’un ton moralisateur, voire condescendant, sur un projet du réalisateur David Zucker : faire un film tordu sur les tords et travers de… la gauche hollywoodienne! L’histoire en gros: celle d’un américain réalisateur de documentaires gauchiste obèse (Ça ne vous fait pas penser à quelqu’un) qui milite pour l’abolition de la fête nationale des USA et en voie de préparer un film de propagande pour des islamistes, mais qui dans son sommeil voit arriver trois fantômes qui tenteront de le sensibiliser à la grandeur de l’Amérique! Selon le billet, Zucker tente de rallier des acteurs et actrices aux sympathies conservatrices. Beau défi en prespective pour ce filmmaker dont les sympathies républicaines sont connues.
Ce qui me déplaît, c’est que dans la forme du billet, il y a cet espèce de mépris infantilisant pour les idées conservatrices. Je n’ai rien contre ça: la liberté d’expression marche toujours des deux côtés. Cela dit, la prochaine fois que j’entends parler un chroniqueur de cinéma sur sa grande ouverture d’esprit, je me promets de me rappeler de la condescendance de ces derniers pour ceux qui défendent des idées contraires aux leurs! Encore une fois, le monde artistique nous prouve que son ouverture d’esprit est en réalité un sens unique à gauche.
Parce que dans les faits, le Weekly Standard n’est pas écrit par des deux de piques, et a été fondé par un intellectuel qui a consacré sa vie à penser le conservatisme politique d’une façon réfléchie et sérieuse (William Buckley). La façon dont Siroka en parle est cavalière et ne rend pas justice à la publication. Le ton hautain de Siroka envers ce magazine politique n’est pas de bon goût, car le contenu de la revue dépasse le simple patriotisme aveugle.
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En parallèle, Marc Cassivi continue inlassablement ( et deux fois plutôt qu’une) sa croisade contre la ministre fédéral du patrimoine, Josée Verner, qui fait enfin un peu de ménage dans les programmes de subventions à la culture, pour le plus grand bien des contribuables. Répétant ad vitam énernam le même argument comme quoi les subventions sont à la culture ce que l’essence est au moteur à explosion, Cassivi est aussi tendre envers la ministre qu’il le serait dans la critique d’un film pour préados américain.
Je ne suis pas un grand expert en cinéma, mais je sais qu’au Québec, Johanne Marcotte a concocté son documentaire coup de poing L’Illusion tranquille sans subventions. Il en va de même pour le film popcorn À vos marques… Party! et sa suite. On entend souvent dire que faire un film est loin d’être à la portée de toutes les bourses, mais au 21e siècle, alors que les communications et la possibilité de faire son média sont pratiquement infinies, et que les audiences sont planétaires, personne ne me fera croire que le cinéma ne pourrait pas survivre à un peu d’austérité!
Cassivi ne cesse de dire que la culture est l’âme d’un peuple, et que celui-ci doit donc soutenir sa culture. Le problème, c’est que je n’ai jamais choisi mon peuple, je suis né dedans. Peut-être aurais-je pu choisir de naître ailleurs! L’absence de libre-choix rend son argument nul, sauf si on considère que les individus se doivent d’être inféodés à leur nationalité, ce qui était aux dernières nouvelles une caractéristique du fascisme!
Ils sont étranges, les chroniqueurs de cinéma de La Presse. Ils critiquent l’ «overpatriotisme » américain d’un côté, et de l’autre, ils tentent d’exhalter notre amour de la nation québécoise pour nous faire payer des films par l’État. Contradiction? En tout cas, je suis sûr qu’ils sont quand même sympathiques, ces bonhommes-là.